cheval et sa cavalière marchant de dos vers une pâture

Photosensibilisation et huiles essentielles

Ce qu'il faut savoir

L’arrivée des beaux jours est souvent synonyme de longues sorties au pré, de balades sous le soleil… mais aussi d’une vigilance accrue concernant la peau de nos chevaux. Parmi les risques estivaux, la photosensibilisation est un phénomène encore méconnu, pourtant potentiellement très inconfortable pour l’animal.

Les propriétaires qui utilisent les huiles essentielles dans les soins naturels se posent également une question légitime : certaines huiles essentielles peuvent-elles favoriser la photosensibilisation ?

Faisons le point.

Qu'est ce que la photosensibilisation ?

La photosensibilisation est une réaction anormale de la peau lorsqu’elle est exposée aux rayons ultraviolets (UV). Contrairement à un simple coup de soleil, elle résulte de la présence dans l’organisme ou sur la peau de substances dites photosensibilisantes, qui augmentent fortement la sensibilité aux UV.

Chez le cheval, les lésions apparaissent principalement sur les zones peu pigmentées ou peu couvertes de poils :

  • le chanfrein ;
  • les naseaux ;
  • les lèvres ;
  • les balzanes ;
  • les parties dépigmentées.

Les signes les plus fréquents sont :

  • rougeurs ;
  • chaleur locale ;
  • œdème ;
  • démangeaisons ;
  • croûtes ;
  • peau qui se fissure ou se décolle dans les cas plus sévères

Les huiles essentielles sont-elles toutes photosensibilisantes ?

La réponse est simple : non.

La grande majorité des huiles essentielles utilisées en aromathérapie équine ne présentent aucun risque particulier de photosensibilisation.

En revanche, certaines huiles essentielles riches en furocoumarines peuvent provoquer une réaction lorsqu’elles sont appliquées sur une peau qui sera ensuite exposée au soleil.

Les principales huiles essentielles concernées sont :

  • Bergamote (non déterpénée ou non sans furocoumarines) ;
  • Citron exprimé ;
  • Lime exprimée ;
  • Pamplemousse exprimé ;
  • Orange amère exprimée.

Il est important de préciser que ce risque concerne essentiellement les essences d’agrumes obtenues par expression à froid des zestes. Les huiles essentielles distillées ne présentent généralement pas ce problème.

"Toutes les huiles essentielles ne sont pas photosensibilisantes, mais il faut prendre des précautions."

Les différentes causes de photosensibilisation

Une origine alimentaire

Certaines plantes contiennent des molécules photosensibilisantes. Lorsque le cheval les consomme en quantité suffisante, ces substances peuvent provoquer une réaction cutanée après exposition au soleil.

Parmi les plantes les plus connues :

  • le millepertuis ;
  • certaines espèces de trèfles ;
  • le sarrasin ;
  • quelques plantes sauvages présentes dans certaines prairies.

Une atteinte du foie

Le foie joue un rôle essentiel dans l’élimination de certains pigments issus de la digestion de la chlorophylle.

Lorsqu’il fonctionne moins bien, ces pigments s’accumulent dans l’organisme et rendent la peau beaucoup plus sensible aux UV. C’est ce que l’on appelle une photosensibilisation secondaire, souvent révélatrice d’un problème hépatique.

Une application cutanée de substances photosensibilisantes

Certaines molécules appliquées directement sur la peau peuvent également augmenter la sensibilité au soleil. C’est ici que les huiles essentielles méritent toute notre attention.

Faut-il arrêter les huiles essentielles en été ?

Pas du tout.

Les huiles essentielles restent des alliées précieuses lorsqu’elles sont choisies avec discernement.

Quelques règles simples permettent de les utiliser en toute sécurité :

  • éviter l’application d’huiles essentielles photosensibilisantes avant une sortie au soleil ;
  • privilégier une application le soir ;
  • respecter les dilutions recommandées ;
  • utiliser des huiles essentielles de qualité, correctement identifiées ;
  • éviter l’application sur des zones dépigmentées destinées à rester longtemps exposées.

Quelles huiles essentielles utiliser sans risque ?

De nombreuses huiles essentielles couramment utilisées chez le cheval ne sont pas connues pour être photosensibilisantes.

Parmi les plus fréquentes :

  • Lavande vraie ;
  • Hélichryse italienne ;
  • Tea Tree ;
  • Ravintsara ;
  • Géranium rosat ;
  • Camomille romaine.

Comme toujours, leur utilisation doit être raisonnée et adaptée à chaque cheval.

Quelques précautions supplémentaires

En période estivale, quelques gestes simples limitent les risques :

  • surveiller régulièrement les chevaux présentant de larges zones blanches ;
  • vérifier la composition des soins appliqués sur la peau ;
  • proposer des zones d’ombre au pré ;
  • utiliser un masque anti-UV ou une protection adaptée chez les chevaux sensibles ;
  • consulter un vétérinaire en cas de lésions importantes ou récidivantes